SAAQclic : la SAAQ a menti à Québec sur les dépassements de coûts, selon des documents
Des membres de la haute direction de la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ), dont l'ex-PDG Denis Marsolais, savaient que le projet de transformation numérique allait coûter au moins 45 % plus cher que prévu lorsqu'ils ont rencontré l'attaché politique du ministre des Transports, François Bonnardel, en juin 2022. Or, un document présenté lors de cette rencontre soutenait au contraire que les négociations contractuelles en cours avec les fournisseurs allaient être M. Marsolais a dit s'être rendu compte que des informations étaient erronées au moment même de la présentation qui était faite par des vice-présidents à la SAAQ, dont le responsable du projet SAAQclic, Karl Malenfant. Or, il ne les a pas affrontés sur le coup. Ça fait dur. Je suis bien candide à votre endroit. Je trouve que ça fait dur. L'ancien PDG a dit qu'il a plutôt attendu la fin de la rencontre pour aviser l'attaché politique Alain Généreux que le projet allait bel et bien subir des dépassements de coûts. Il a estimé avoir ainsi fait son devoir de Denis Marsolais a confirmé que même s'il s'était rendu compte que ces employés cachaient de l'information, il ne leur en avait pas fait subir les conséquences. M. Marsolais a une longue feuille de route comme employé de l’État québécois : en témoignent les quelque 30 minutes d'audience qui ont été nécessaires pour faire le tour de son curriculum vitæ. Toute la journée, Denis Marsolais a été pressé de questions par la procureure Mélanie Tremblay, qui cherchait à comprendre ce qu'il savait pendant son passage à la tête de la société d'État. Rappelons que M. Marsolais a été nommé en janvier 2022 avant de partir 14 mois plus tard, en mars 2023, au moment du déploiement raté de la plateforme numérique de la SAAQ. L'ex-PDG a affirmé avoir la De nombreux tableaux exposés en preuve montrent en effet qu'un peu moins d'un an avant le lancement de SAAQclic, les différents indicateurs présentés par M. Malenfant et par son équipe étaient au vert. Si j'avais su, au départ, non seulement j'aurais joué autrement, mais je n'aurais pas accepté la job. Pourtant, M. Marsolais savait que le projet connaissait des dépassements de coûts importants, lui a fait remarquer Me Tremblay. Il était au courant que les sommes accordées au fournisseur s'épuisaient rapidement et que les entreprises allaient demander de l'argent supplémentaire pour poursuivre le projet. Les tractations entourant le contrat se sont faites avant 2022, s'est défendu l'ex-PDG. Un an avant la mise en ligne de la plateforme SAAQclic, le C.A. de la SAAQ a voulu se débarrasser du directeur de la vérification interne, Daniel Pelletier, qui Selon lui, à son arrivée en poste, rien n'allait plus entre Daniel Pelletier et Karl Malenfant. Le C.A. de l'organisation avait alors choisi son camp et accordait, tout comme Denis Marsolais, sa pleine confiance à M. Malenfant. Comme M. Pelletier ne partageait pas leur vision du projet et leur enthousiasme quant à la réalisation de celui-ci, les accrochages étaient fréquents, selon l'ex-PDG. Daniel Pelletier a été directeur de la vérification interne à la SAAQ entre 2016 et 2024. Photo : Radio-Canada Ces tensions ont culminé lorsque des membres du C.A. ont demandé à Denis Marsolais de montrer la porte à Daniel Pelletier, ce qu'il a toutefois refusé de faire. Il a plutôt choisi de confier un mandat de vérification à une firme externe, PricewaterhouseCoopers (PwC), qui a finalement conclu que rien ne clochait dans le projet CASA et que les équipes avaient le feu vert pour procéder au lancement. Daniel Pelletier a déjà livré son témoignage à la commission Gallant, dans lequel il a dit estimer que son équipe et lui-même avaient eu raison, a posteriori, d'être aussi insistants. sans impact sur le budget
du projet, alors évalué à 682 millions de dollars.Je pense que ce n'était pas tout à fait vrai
, a avancé Denis Marsolais dans son témoignage devant la commission Gallant, mercredi. Ce n'est pas tout à fait vrai? C'est faux. On va appeler un chat un chat
, l'a corrigé le commissaire Denis Gallant.transparence
et avoir donné l'heure juste
au politique.Aucune tête n'a roulé
, a-t-il dit au commissaire Gallant.Marsolais jure qu'il n'était pas au courant
quasi-certitude
d'avoir été trompé par le responsable du projet, le vice-président aux technologies de l'information et responsable du projet CASA/SAAQclic, Karl Malenfant. J'ai de plus en plus la certitude qu'on ne me donnait pas toute l'information.
Moi, ma préoccupation, c'était de m'occuper du présent, a dit M. Marsolais. Ce n'était pas une préoccupation, ce qui s'était passé avant.
Je ne veux pas me déresponsabiliser, a dit Denis Marsolais, mais on n'était pas seuls dans la chaloupe. Il y avait un C.A. qui était là depuis longtemps [...]. Et nous avions des présentations [de Karl Malenfant] qui étaient convaincantes.
Le C.A. voulait renvoyer le vérificateur interne, qui « criait au loup souvent »
criait au loup souvent mais qui n'avait pas de preuves
, a résumé M. Marsolais.
Au moment où on se parle, l’histoire nous donne raison. Pour parler en termes de baseball, on a une moyenne de 1,000 au bâton
, a-t-il entre autres lancé.
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